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Roman 2.0 de Science-Fiction

Chapitre 3: Alix

Comme chaque année, la fête de Camaret se passait merveilleusement bien. À cette heure-ci, les individus étaient bien imbibés de chouchen et autres alcools artisanaux locaux.

La chanson du village passait alors.

Bien entendu, les joyeux lurons s’en donnaient à cœur joie pour chanter par dessus.

L’enfant du pays, Alix, revenu de Paris pour l’occasion, était en train de discuter avec ses anciens amis d’enfance tout en regardant Twitter et Facebook du coin de l’œil sur son téléphone portable.

— Mais non ! Y’a pas de « H » à « psychopathe », s’exclamait difficilement Alexandre, l’ami d’enfance d’Alix.

— Bien sûr que si, rétorquait Virginie, sa femme. Il y en a même deux !

— Mais non, qu’est-ce que tu chantes là ?! Y’a deux « T » comme dans les pâtes de chez Lustucru, mais pas de « H »… Ils sont pas tous bucherons les psychopathes… Donc pas de « hache »…

— Sérieusement, il faut vraiment que tu reprennes des cours de français mon ami, parce que là, c’est plus possible… dit Alix tout en rigolant.

Manifestement, l’alcool local avait eu raison d’Alexandre. Son sourire béat et son regard hagard ne trompaient pas, nullement besoin de l’entendre parler pour s’en convaincre.

— Avec Madame Lescarette ? répondit Alexandre.

Madame Lescarette, s’était la prof de français des deux garçons quand ils étaient au collège. C’était aussi cette charmante retraitée de 73 ans qui chantait à tue-tête tout en dansant sur la chanson du village. Elle aussi devait adorer le chouchen plus que de raison… au point de lui en faire sans doute perdre son latin…

Alix était un homme calme, simple, gentil naturellement… et très charmant. Les dieux celtes s’étaient sans doute tous penchés sur son berceau… en tout cas, c’était ce que disait la rumeur dans son proche entourage ! Il n’y avait pas une seule personne qui ne l’aimait pas.

Plus jeune, il n’hésitait pas à venir en aide aux plus faibles. Il était tellement populaire que les caïds du collège n’osaient jamais continuer leurs méfaits s’il venait leur demander de s’arrêter. Il avait l’art de manipuler les mots à sa convenance, ce qui lui permettait de convaincre quiconque que ses idées étaient les meilleures.

Il avait les yeux d’un vert très clair, ce qui le rendait encore plus singulier. Où qu’il allait, il attirait tous les regards, mais était a priori inaccessible pour la plupart d’entre eux.

C’est donc à cet instant qu’il vit le hashtag dans son fil d’actualité…

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